Route&Roots, le nouvel album d’ABAJI, un voyage musical de la pensée à  la réalité


Je vous ai rarement présenté un album qui respire autant le voyage, mais celui-ci dont l’inspiration vient de partout ou plus précisément d’un tour du monde musical avec les dernières tournées d’ABAJI pour son dernier album « Origine-Orients ». Au programme des instruments originaux, et un voyage.

Des tournées à  travers une trentaine de pays, Amérique centrale, Colombie, Chine, Panama, Bangladesh, Australie, Inde, Vanuatu et certainement bien d’autres, ça laisse rêveur, ces tournées c’était pour son précédent album, mais le résultat c’est un nouveau disque.

Et en parlant de rêve, ce nouvel album fait le pont entre la pensée et la réalité, car nul doute qu’a l’écoute de « Route&Roots » vous aurez l’impression de voyager.

Cette musique vient de ces milles paysages aperçus, mais aussi de tous ces souvenirs gardés des rencontres humaines que permet la musique, des rencontres enrichissantes qui se transforment en notes joyeuses.

Un album qui parle aussi des racines, et c’est en 2009 après un exil de 33 ans qu’il retourne au Liban pour un concert sur sa terre natale, mais ses racines sont aussi en Arménie et en Turquie, deux pays dont l’association fait déjà  frémir, mais la musique ne connaît pas tellement de frontière, et part quelques tonalités différentes l’esprit reste le même, une musique universelle comme pourra l’être le thé, ou le chây et le tchây…

ABAJI-Route_Roots

L’Arménie justement, c’est en 2014 qu’il y retourne avec un studio de poche, il se rend à  Erevan pour y rencontrer un créateur d’instruments à  vent dont le pseudo est Alto Flute. Son idée c’est d’enregistrer avec un joueur de duduk, un instrument qui représente bien l’âme de l’Arménie et des Arméniens.

Derrière Alto Flute il y a en fait Robert qui va lui faire rencontrer Vardan Grigoryan qui joue du duduk

Du côté de la Turquie c’est un détour par Smyrne puis Istambul, là  encore pour rencontrer des musiciens extraordinaires.

Après ces voyages c’est finalement à  Paris avec le musicien Mahmut Demir joueur de kabak kemane, viole dont la caisse de résonance est une courge évidée, qu’il va enregistrer.

Un album sans fioriture, un album sincère enregistré pour chaque titre en une seule prise, une fois les instruments installé autour de lui et les microphones bien placés, il se lance dans son idée, et l’émotion qui se dégage de cet album vient confirmer que la première idée est toujours la meilleure, et si le résultat n’est pas au rendez-vous, il n’y a plus qu’a passer à  une autre idée accompagnée d’un autre instrument.

Mais à  part l’enregistement en studio il y a donc ces titres enregistré ailleurs dans le monde, je pense au fabuleux « Vent d’Erevan » le bien nommé puisque de l’intérieur du salon qu’il avait loué, en plus des tonalités naturelles s’invite sur la bande son le vent d’été d’Erevan, petit plus sur ce titre, le son de la clarinette.

Un album bien nommé, puisque la musique est toujours une histoire de voyages et de racines, Route&Roots

Pour moi, la musique a toujours été une histoire de voyages et de racines: de Route&Roots.

Cet album c’est un peu la bande son de votre paysage préféré que vous admirez assis les cheveux au vent, sorte de silence musical…

ABAJI est né au Liban de père arméno-grec de Smyrne et de mère arméno-syrienne née à  Istanbul… qui se sont rencontrés au Liban, pays de tous les exilés. Il arrive en France en 1976.

La musique Abaji s’y lance avec la guitare à  l’âge de 11 ans, suivront d’autres instruments : de la clarinette aux percussions, du oud au bouzouki jusqu’aux flûtes récoltées lors de ses voyages, on le connait aussi pour son jeu de guitare à  l’archet qui fait sensation sur les scènes des festivals. C’est une ma rencontre avec Gabriel Yared qui est décisive, puisque le célèbre compositeur écoute ses premières maquettes et le soutient dans ses premiers pas.

1996, c’est son premier disque « Paris-Beyrouth », il chante en arabe, français et anglais.
« Bédouin’ Blues » est un autre album qui inclu « Gibran » que le label Network Medien intègrera dans la compilation « Desert Blues 2 ».
Le troisième album « Oriental Voyage » est rapidement suivi de « Nomad Spirit » sur lequel on retrouve des invités exceptionnels avec Djivan Gasparyan au duduk arménien, Ramesh Shotham aux percussions de l’Inde du Sud et Majid Bekkas au oud et au guembrignawa.

On entend aussi sa musique au cinéma ou à  la télévision, Il a réalisé la musique du documentaire long métrage de Jean-Charles Deniau « Le Temps des Otages » (diffusé sur France 2 en avril 2009). Il compose aussi la musique du film « Noor » réalisé par Cagla Zencirci et Guillaume Giovanetti, film soutenu par l’ACID au Festival de Cannes 2013, et une partie de la musique du film « Believe » réalisé par Paul Mignot ainsi qu’une partie de la musique du film de Cédric Kahn « Vie Sauvage » et last but not least, un morceau co-composé par ABAJI se retrouve dans le film « Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu.

En 2010, alors qu’Abaji est à  Los Angeles, il rencontre Yoav Goren, (l’un des compositeurs importants de bandes-annonces de grands films américains), qui l’invite à  visiter ses studios et bureaux à  Santa Monica. Abaji y fait un mini concert. Ils restent en contact jusqu’aux retrouvailles en Californie en mai 2015, pour la signature de plusieurs projets sur son label d’illustration musicale One Revolution Music.  » Middle-East Soundscapes 1 et 2  » sortiront en 2016.

17 titres tous aussi exceptionnels, on raura bien du mal à  vous en recommander un seul, même si les titre « Plénitude » et « Vent d’Erevan » ont quand même un petit quelque chose en plus.

Ces instruments particuliers que l’on ne croise pas assez donne à  cet album un cachet incroyable,

www.abaji.net

ABAJI-Route_Roots

abaji

Abaji,
chant, guitare-oud, bouzouki, laz kemence,
clarinettes bambou, lap-harpe, saz, percussions,
avec
Vardan Grigoryan, duduk
Mahmut Demir, kabak kemane


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