Le Moral des ménages, bel exemple d’interprétation de la part des médias.


Je ne juge pas les médias, de toute façon on a tous bien compris que leur travail est influencé par leur envie de se faire bien voir (par qui ?), un peu comme les mauvais élèves qui rentrent à  la maison en annonçant fièrement un 18 en mathématiques en oubliant que c’est bien un 18 sur 40, les médias nous donne des indicateurs incomplets, sans doute pour fausser toujours un peu plus ces indicateurs et rendre l’information incompréhensible et positive (c’est quand même plus vendeur le  » Positif  » non ?).

J’ai donc pris pour exemple le moral des ménages qui démontre bien l’influence que peuvent avoir les médias sur les citoyens quand ils traitent un point précis en donnant une informations.

L’insee donne donc un indicateur sur le moral des français, et les médias diffusent l’info, reste à  voir comment ?

Suivant les médias les français ont le moral, selon d’autres le moral est stable, d’autres parlent d’amélioration du moral.

Mais évidemment les mots ayant un sens, les différents titres que l’on croisera sans aller plus loin dans l’information ne voudront pas dire la même chose.

Le figaro titre France : les ménages et les industriels ont le moral (voir l’article), et précise pourtant quelques mots plus tard que le moral des ménages sur la situation économique n’a progréssé que d’un petit point, comme quoi lire le titre n’est pas suffisant, faire confiance à  l’article non plus, il faut en lire d’autres.

Maintenant on va sur lepoint.fr qui titre Légère amélioration du moral des ménages en janvier (voir l’article), mais voilà , une amélioration sur un niveau -29 historiquement bas ce n’est pas génial comme  » Moral « .

l’AFP titre Le moral des ménages quasiment stable en janvier (voir l’article), là  pareil, si on ne va pas plus loin le titre ne nous en dit pas plus sur le moral (mauvais ou pas ?), la stabilité d’un mauvais moral reste un mauvais moral 😉

Ce que j’aime bien dans tous ces articles c’est la subjectivité de l’information qui nous oblige à  penser que tout est beau dans le meilleur des mondes et que de toute façon comparé à  fin 2008, les ménages ont le moral.

Sauf qu’évidemment, si on compare le moral d’aujourd’hui à  la moyenne du moral des quinze dernières années, le moral est dans les chaussettes.

Notons d’ailleurs que pour faire briller encore un peu plus le moral d’aujourd’hui on aurait pu le comparer avec des périodes bien plus négative pendant lesquelles le moral des français était à  zéro.

Tout cela pour dire qu’il est finalement bien simple de faire sortir la tendance qui nous intéresse en comparant des mauvais chiffres avec des périodes présentant encore pire pour faire briller une tendance pas si reluisante que ça finalement!

Faire parler les chiffres c’est finalement très simple.

L’information est quand même très souvent déformée, très incomplète, ce qui la rend sans intérêt sauf si l’idée est de faire passer uniquement de l’info négative pour de l’info presque positive !

Un peu dans le même esprit et toujours dans les chiffres, quand la bourse monte de 0,1 % ont dit qu’elle est en augmentation, quand elle baisse de 0,1 % ont dit qu’elle est stable, sans doute la vision résolument optimiste des médias… cotés en bourse 😉

Pour revenir aux chiffres du moral, on nous donne des chiffres sans échelle et sans trop de comparaison possible, et évidemment si on ne va pas chercher ailleurs que dans les médias, on aura bien du mal à  comprendre à  quoi correspond ce niveau de -29 du moral des ménages.

Pour en savoir plus sur le calcul de l’insee, il faut se rendre ici pour en découvrir la méthodologie.

Tout se base sur l’interrogation d’environ 2000 ménages par téléphone, je vous laisse l’initiative de lire la méthodologie que vous trouverez à  l’adresse http://www.insee.fr/fr/indicateurs/ind20/method_idconj_20.pdf.

Il serait quand même bien utile, que les médias est l’obligation de présenter les questions, et mieux encore d’informer les lecteurs, auditeurs, de la possibilité d’accéder à  la méthodologie du calcul, car parfois les questions posées sont intéressantes et indispensables pour comprendre les résultats d’une étude.


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